DEATH VALLEY NATIONAL PARK

Rob Williamson, photographe très estimé,

a fait de magnifiques portraits d'Erik. Il a pointé

ses failles et ses hésitations. Conscient qu'il est violemment aimé,

il part au désert avec son compagnon...

Erik eu beau dire, Williamson venait de jeter le trouble en lui. Il n'était assez stupide pour ne pas reconnaître la qualité d'un amour. Celui que le décorateur éprouvait pour lui était violent, tumultueux mais pur en un sens car total. Il avait résisté aux turbulences créées, à la distance géographique, à toutes sortes de contingences ; en ce sens, il méritait le respect. C'était un amour volontaire qui ne livrait pas Erik à lui-même pas plus qu'il ne cherchait à l'écraser. Intellectuellement, Julian dont la culture était plus forte que la sienne, l'épaulait. Affectivement, il lui donnait, quoi qu'il puisse en dire, une sécurité car il le guidait et savait le protéger. Sexuellement, le lien était fort aussi et avait depuis longtemps dépassé le stade de l'intimidation et du contentement pulsionnel. Le danseur était face à un être qui savait, en ce domaine, répondre à ses demandes  et en contrôler les bizarreries et il comprenait bien qu'il n'était pas si simple de trouver sur cette terre quelqu'un qui puisse avoir pour lui une telle prodigalité. Et puis, et surtout, cet homme comprenait et admirait son art. Malgré cela, les étranges propos du photographe et son ironie le rendaient  perplexe.

- Je l'aime, je l'aime mais ce type voit juste. Julian  me rend les femmes lointaines et m'empêche d'en rencontrer une dont je pourrais tomber amoureux.

Dans le même temps, il se sentit nostalgique de cette jeune fille dans le café, de cette matinée radieuse et cette immédiateté. Ils s'étaient compris. Elle lui manquait.  Il voulait la revoir. Il pensait à son visage d'ange vénitien, à sa silhouette fine, à son port de tête et à ses yeux clairs et il essayait de se remémorer sa voix et ses mimiques. Il était comme une promesse.

Semblant ne se rendre compte de rien, Julian resta charmé. Il adorait les photos qui pour lui étaient la marque d'une emprise consentie. Cette période californienne lui avait offert de merveilleuses perspectives. Ce danseur qu'il avait convoité en vain à New York s'était tourné vers lui. Il suffisait  donc de resserrer encore son emprise...

 Pourtant, il s'assombrit rapidement. Quelques jours après qu'ils aient vu Williamson, il surprit  Erik, qui prenait  seul un verre à la terrasse de la piscine. Mince et radieux, vêtu avec une élégance nonchalante, il parlait à une serveuse que Julian n'avait jamais vue. Elle était brune, jolie et très bien faite. Erik lui plaisait et elle faisait tout pour attirer son attention et lui mi- rieur mi- attentif regardait avec attention ses seins et ses jambes. Jamais, il ne l'avait vu si direct même si sur le plateau ni dans des lieux publics où les femmes le regardaient. Il la toisait et l'estimait et elle en riait.  Comme il s'approchait, elle reprit une attitude plus professionnelle et s'enquit de sa commande. Quand elle posa un café devant lui, il la sentit peu inquiète. Il était évident qu'elle reviendrait à l'attaque dès qu’il aurait le dos tourné.

- C'est une nouvelle employée.  Elle manque de classe.

- Elle est belle. Tu as vu ses jambes ? Non, tu ne peux pas. Tu ne vois rien chez une femme.

- Erik !

- Quoi, « Erik » ? Je ne suis pas comme toi.

- Ce qui signifie ?

- Que tu ne peux pas exiger cela de moi.

- Bien...

Le danseur cessa d'être léger. Il eut un soupir qui marquait son agacement mais il ne fut pas bavard et bientôt, ils firent des longueurs dans la piscine. Au soir, cependant, comme Julian avait commandé un dîner dans leur suite, le danseur se montra vindicatif.

- Rien de ce que je fais avec toi ne me déplaît mais après, il y a ce que je suis. J'ai aimé Sonia. Il y a eu Jane. Ce n'est pas que du désir.

Le décorateur se ferma. Avec patience, Erik reprit :

- Je sais que ce que tu voudrais. Que j'ai une pulsion de temps en temps, sans que ça ne change rien à notre relation. Et tu laisserais faire...

Le décorateur resta hostile. Alors, le danseur qui avait à de nombreuses reprises tenté d'aborder le sujet, posa enfin les questions qu'il n'avait jamais  formulées.

- Tu as toujours éludé mais là, je vais te demander de répondre : tu as quand même fait l'amour au moins une fois dans ta vie avec une femme...

Julian ne biaisa pas et dit en le regardant droit dans les yeux :

- Je t’ai déjà répondu sur ce sujet mais j’ai été laconique. Ce soir, il t’en faut plus, alors soit : il y en a eu trois. Trois et demi, en fait.

- Trois et demi ...Raconte.

- La première était une amie de ma mère, plus jeune qu'elle tout de même. Je devais avoir seize ans. Elle était entreprenante et moqueuse. Je l'avais provoqué mais ce qui s'est passé était affolant. Je lui ai fait l’amour et je n’avais vraiment pas le choix…Je ne l’ai heureusement jamais revue. La seconde était une rencontre quelconque. Elle était un peu dans même style, plus humaine tout de même mais si demandeuse et technique...

- Elles n’avaient pas de prénom ?

- La première s’appelait Michèle et l’autre, Linda. Ensuite, il y a une jeune fille, Mia, la sœur d'un ami. En fait, je désirais l’ami mais il n'était pas réceptif. La jeune fille était bouleversante. Ça s'est bien passé mais manque de chance pour elle, elle était intelligente. Elle a très bien compris. Je crois qu'elle a eu le cœur serré. D'ailleurs, pour tout de dire, moi-aussi. Quant à la dernière, c’était  une collaboratrice divorcée qui avait une demande affective immense. Je n’ai pu mener les choses à leur terme, c'est aussi simple que cela. Quelle importance de toute façon ?

Erik resta muet : ses interrogations trouvaient des réponses. Julian, qui semblait soulagé, lui dit :

- Je suis sans mépris mais j'ai pris mes dispositions et c'est définitif. Je suis ce que je suis.

Et comme Erik voulait insister, il lui dit  non sans justesse.

- Et toi-aussi.

Les jours suivants, pendant qu'Erik était encore pris par les dernières scories de son tournage, il regarda attentivement toutes les photos que Rob Williamson avait faites. Elles lui redonnèrent de la force. Plus tard, ils auraient des jeux et une femme ou deux viendraient. Erik accepterait.

La belle serveuse ne reparut pas, son danseur se radoucit et il pensa que tout était au mieux. L'hôtel était superbe. Dans le salon de massage, on les massait côte à côte. Dans la piscine, ils rivalisaient. Et la nuit, l’ambiance était aux étreintes. Erik finissait toujours par lui offrir une nuque blonde et Julian, tendant les bras vers lui, murmurait :

- Ne dis rien, Erik. Soupire ou gémis seulement…

 Un matin, le danseur parut très déterminé.

- Julian, on va s'en aller quelques jours !

- Où ?

- On a le temps d'aller vers le désert, le désert des Mojaves. C'est près du Nevada et de l'Arizona. Tu ne connais pas, je suis sûr et moi non plus. Les villes, on les a vues : Los Angeles longuement et San Francisco. On pourrait en visiter d'autres mais il y a tant de bruits et de personnes ; tant d'interactions. On va aller là où il n'y en plus.

Le décorateur acquiesça. Le surlendemain, ils partirent dans le désert. Immobiles et imposants, noyés dans une lumière écrasante, les paysages y étaient suffocants d'étrangeté et l'air y paraissait immobile. Ils n'avaient jamais rien vu de tel : ces terres abruptes, hérissées de cactus, ces reliefs brutaux, cette sécheresse de tous les instants, ce permanent sentiment de déperdition puisque dans un tel univers, toute vie humaine se retirait. Ils se laissèrent aveugler ; la couleur du sable, celle des montagnes. Ils roulèrent des heures et des heures pour buter sur un décor si inattendu et éprouvant pour l'un comme pour l'autre qu'ils restèrent longtemps silencieux. Le décorateur, la gorge nouée, finit par interroger son ami tandis qu'un silence oppressant entourait leur véhicule arrêté.

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- Comment ça s'appelle ici ?

- Cadiz Dunes.

- C'est au bout du monde...

- On a tenté d'y vivre...

- Et on n'a pu le faire...C'est assez hallucinant.

- Tu es américain, tu devrais savoir...

- Erik, c'est un pays immense et je vais en général là où j'ai droit de cité : la côte est et les villes. Là, je ne comprends rien et je suis mal à l'aise mais c'est extraordinaire !

-Je n'arrive à mettre un nom sur les couleurs ! Elles sont si différentes, violentes le jour et si fondues tout d'un coup. Et ce silence si dense que toute parole humaine doit avoir un sens si elle est dite. En Europe du nord, il y a des déserts de glace et tu sens que tout peut te pétrifier par le froid. Mais là, il fait si chaud, tout à l'air si peu inquiétant et tu ne sais même pas que dans le temps où tu penses que tout va vient pour toi, tu disparais. Et là...

- Tu meurs...

- Beaucoup ont disparu ici ;  mais nous non...

- Non.

La nuit, Erik, allongé sur la petite terrasse de leur chambre, contemplait un ciel immensément pur et y dénombrait les étoiles. Julian le rejoignait et ils restaient là, impressionnées par le silence et cette voûte céleste si lisible. Souvent levé de bonne heure, Erik relisait les textes qu'il avait dû dire pour le film et le Journal. Et il regardait la photo du danseur russe. Julian le regardait ou restait endormi. Quelquefois, le danseur, les yeux brillants disait :

- Fais comme j'aime. Tu sais, quand tu peux me voir, quand tu vois mon plaisir et moi le tien. Tu veux ?

Et Julian pensait ne jamais voir connu pareille intensité. Dans ce lieu sans limites, rien dans l'amour n'avait de fin. Sur cette terrasse, tout était à nu. Le corps de l'amant restait exemplaire, magnifique et suintant et il s'ouvrait à lui dans d'intenses silences. Il restait ces yeux bleus où tout passait, ce bras, cette main qui arrêtait ou guidait et cette belle bouche qui soudain perdait son exactitude car le plaisir se défie de la symétrie ; il était magnifique dans ce décor minéral de le voir soudain dire le délitement. Ces gémissements heurtaient le silence et son regard envoutaient. Tout était intense et décalé. Les corps ne bougeaient pas. Un temps, il y avait une lumière froide et il n'y avait plus rien d'autre qu'à vivre la beauté des spasmes. C'était infini. Ni l'un et l'autre n'en revenaient. Et il y avait encore le désert, l'air qui vibrait et la nécessité qu'il y avait à s'en détacher puisqu'il fallait partir. Ils étaient mal à l'aise devant tant d’intensité perdue. Tentant de donner le changer pour endiguer leur émotion, ils y parvenaient peu.

- On va refaire tout ce trajet en voiture mais cette fois-ci, tout s'inversera. Ce sera moins abrupt. Et tu prendras l'avion pour New York.

Ce fut un long, très long retour dans des paysages d'abord intemporels puis de plus en plus contemporains et structurés, comme un retour au monde en somme, et pas le meilleur.

 

Une grande fête marquait la fin du tournage et tous s’y rendirent. Passer du silence monacal dans lequel ils s’étaient trouvés à cette grande villa pleine de monde les suffoqua. Le plus grand salon ouvrait sur le Pacifique et dans la nuit, quand la musique s'interrompait, on entendait son bruissement. L’un et l’autre furent pris dans un tourbillon. Tous les acteurs, les conseillers techniques, les techniciens et les danseurs étaient. Wegwood et Mills riaient beaucoup et Enrico, le chauffeur de la production, jouait dans l’orchestre. Il y avait beaucoup de jolies filles qui, vêtues de jupes courtes ou de robes moulantes,  attiraient les regards et créaient une tension érotique et une compétition entre les mâles. La plupart d'entre elles avaient tourné autour du film : maquilleuses, coiffeuses, habilleuses...

 

Ce fut Chloé qui vit Erik en premier et qui fit ce qu’il fallait pour se rapprocher de lui. Elle était toujours ravissante et vêtue d'une robe blanche courte mais élégante. Elle avait de grandes boucles d'oreille et ses cheveux longs et très blonds, étaient libres. Il fut violemment troublé mais il s'efforça de paraître naturel. Elle fut simple. Elle avait appris qui il était et ce qu’il tournait et elle s’était fait inviter. Elle se souvenait de lui. Elle était très émue.

 

- Je vis à Los Angeles. Tu sais, je ne suis pas serveuse. Je suis étudiante. Je dois avoir des jobs d'été. J'ai fait une école de dessin  et je viens d'avoir mon diplôme. Ce tournage, je sais depuis un moment et j’ai cherché à te voir mais tu es rarement seul…

 

Ils parlèrent un peu mais il était si bouleversé qu’il trouva un prétexte pour s’écarter d’elle. Pourquoi lui faisait-elle cet effet ? Habile, elle revint vers lui un peu plus tard.

fête californienne

 

- Erik, écoute. Le monde dans lequel tu vis, la danse, cet homme qui a l'air si snob et lettré et qui est ton amant, tout cela est aux antipodes de mon univers. Seulement, il y a eu cette rencontre…

 

Elle était magnifiquement tentante et il se sentait bouleversé. Son beau visage ovale tourné vers le sien, elle le regardait avec intensité.

 

- Il y a du monde sur la plage en bas. Viens, on n’y va nous-aussi !

 

Elle eut un rire tendre en constatant qu’il hésitait beaucoup.

 

- C'est une plage privée, tu sais. On ne court pas de danger ! Il y aura bien un vigile ou deux...

 

- Quoi, des vigiles ?

 

Elle rit plus nettement et il  la suivit. Dans l’escalier qui descendait vers la plage, elle l'attira à lui pour l'embrasser. Il referma tout de suite ses bras sur lui et le serra aussi fort qu'elle put. Il fut envahi de la même excitation violente qu'il l'avait saisi lors de leur première rencontre mais, prudente ou rusée, elle se détacha de lui.

 

- Oh non, monsieur trop pressé, on va d'abord à la plage !

 

La lune était haute et pleine mais le décor restait sombre et ils se plurent à marcher un peu hasard en se tenant par la main. Quand ils atteignirent l'eau, ils rirent comme des enfants. C'était marée basse et les vagues étaient douces. Erik se déshabilla d'abord mais ne se mit pas nu. Elle retira sa robe sous laquelle elle ne portait qu'une culotte haute et blanche. Ils se mirent à nager en s'interpellant et en s'amusant, semblables à deux étudiants qui, pour se délasser de leurs examens de fin d'année, auraient choisi une expédition nocturne sur une plage peu fréquentée. Quand elle se rapprocha de lui et l'enlaça, ils continuèrent de parler et de rire, dans une totale liberté. Puis comme ils sortaient de l'eau, ils furent à la fois plus émus et plus décidés. Ils s'embrassèrent encore et s'allongèrent sur le sable humide. Ils avaient peu de vêtements à retirer mais ils éprouvèrent à ce déshabillage simple, un plaisir infini. Il retrouva le bonheur qu'il y avait à la caresser et à l'embrasser, à rencontrer son regard clair, gai et émerveillé et à la sentir si douce et si humide. Elle  était décidée et il était fou de désir mais bien qu'elle fût adroite et généreuse, il ne lui fit pas l'amour. Comme elle semblait déconcertée, il la caressa avec ses doigts et sa bouche et elle se libéra avec grâce. Quand elle se fut apaisée, il s'allongea à ses côtés. Durant tout le temps où ils s'étaient cherché et étreint, ils avaient été absolument seuls mais Chloé, se redressant brusquement, sentit un danger.

 

- Je crois que d'autres personnes arrivent.

 

Ils se rhabillèrent rapidement et revinrent dans la villa. Julian cherchait Erik et s’enquit de lui:

 

 -Mais où étais-tu ?

 

- En bas, à la plage. Il n'y avait pas que moi.

 

Sentant son ami sur le qui-vive, Erik fit preuve d'une extrême prudence et quand il croisa Chloé, ce qui était inévitable, il fit mine de ne pas s'intéresser à elle. Elle eut l'audace de lui donner un message. Elle lui fixait un rendez-vous plus tard dans la nuit. Il fut suffoqué  mais maintint sa feinte indifférence. Il la regarda cependant danser avec un autre garçon. C'était doux et très sexuel en même temps d'autant que c'était une danse lente qui incitait à l'abandon et il aurait aimé être à la place de son partenaire. Il avait mémorisé son numéro de téléphone et compris où était le rendez-vous, pensant que son attitude dégagée suffirait à leurrer son ami. Il n’en fut rien. A l’aube, ils étaient tous deux dans la piscine et riaient avec d’autres. Quand ils se séchèrent, Julian lui dit :

 

- C’est cette fille que tu as rencontrée avant que je n’arrive, n’est-ce pas ?

 

- Oui.

 

- Donc, ce n’est rien. J’ai le choix des armes, tu le sais bien…

 

- Je sais, Julian.

 

- En ce cas, oublie son numéro de téléphone…

 

Ils s’en tinrent là.  Le départ de Julian rendit Erik triste et son ami dût le rassurer à l’aéroport.

 

- Le temps va vite passer...

 

- Je n’en suis pas sûr.

 

-Je vais être direct. Tu attires beaucoup de monde !  Mills, Williamson et cette fille blonde. Je ne vais pas te demander de ne pas les voir car tu ne m'écouterais pas. Ne précipite rien. Tu m'entends ? Ne précipite rien !

 

Erik se sentait très ému :

 

-Tu n’as pas confiance.

 

- Tu peux être pulsionnel face à eux. J’écarte Mills qui te veut pour son fils mais les deux autres sont malins. Je ne parle pas de sentiments, bien sûr. Ils te tenteront...

 

 Le jeune homme en fut frappé et lui dit :

 

- Mais si c'est ça ta vision, alors pourquoi pars-tu ?

 

- Erik ! J'ai un travail et c'est peu de temps !

 

- Je voudrais crier. Ces jours, ce film. Trop de force. Tout a été extraordinaire.

 

- Je le sais Erik, je le sais. Difficile et extraordinaire. Moi-aussi, je voudrais crier.

 

- Je dois te dire …

 

Julian  caressa la joue du jeune homme et y trouva un cil blond. Il le garda.

 

- Non, non. Ne t'avance sur rien. Ce pourrait être si cruel ! Mon tendre et magnifique danseur, on se voit dans deux semaines. A  bientôt...

 

- Bon voyage.

 

Il partit sans se retourner.

 

Erik dina souvent chinois avec Mills, évita soigneusement de revoir le photographe et resta stoïque avec l’étudiante blonde.