Auguste_Vestris

 

Après des temps difficiles, Erik Anderson revient à Toronto.

Il doit créer un ballet sut Vestris...

En attendant, comme pour marquer son implantation à Toronto, Erik décida de changer la décoration de l’appartement qu’il avait acheté, près de Barbara Hall Park. C’était un trois pièces lumineux. Au départ, tout y était d'une grande simplicité  et  il n'y avait rien sur la plupart des murs blancs.  Peu à peu, il les couvrit de d'eux près  de photos de Nijinsky, Karsavina, Pavlova mais aussi de Fokine et de Diaghilev, de Massine et de Lifar. Et il y ajouta des images des chorégraphes pour lesquels il avait travaillés ainsi que de celles de ses propres chorégraphies. C'était comme l'essence de ce qui avait été sa vie et sa recherche. Pour le reste, le décor était sobre mais beau : canapés bas, tables, dressoirs, petite bibliothèque. Rien n'était réellement précieux mises à part les quatre photos de Nijinsky que Kyra lui avait données. Il les avait encadrées. Il gardait une lettre de Béjart, plusieurs de John Neumeier et toutes sortes de lettres que des anonymes, à un moment où l'autre de leur vie, lui avait laissées. Et, en plus d’un piano, beaucoup, beaucoup d'images de ballets et de tournages. C’était un décor d'esthète mais aussi celui d'un homme simple. Il y avait une chambre pour Eva, emplie des peluches, des jouets et des images qu'elle aimait. Il voulait qu'elle soit contente, se blottisse dans les fauteuils, se cache derrière un paravent, puisse épingler un dessin là où elle voulait et surtout, puisse jouer à la danseuse. Il la laissait regarder et toucher ses justaucorps et ses chaussons et il en avait fait faire pour elle. Elle invitait souvent deux petites Portoricaines qui habitaient juste en dessous et toutes les trois jouaient « au ballet classique ». Erik, recevait, de toute façon facilement, aussi bien des danseurs et des danseuses que Mills quand il venait avec sa compagne ou Guillaume qui venait d’épouser Lyn. Assister à leur mariage avait été un joli moment. Tout semblait donc aller bien mieux et Chloé, toujours posée et calme, était un ancrage fort. Elle le savait et entourait le danseur de sa tendresse.

Toutefois, Erik ne semblait plus capable de conduire un projet à son terme.

- Vestris est le modèle du danseur noble. Il a été formé par son père et a débuté à l'Opéra de Paris en 1772 et y a été engagé comme soliste en 1776. Sa brillante carrière s'est déroulé principalement à Paris, mais il s'est produit aussi à Lyon, à Montpellier et à Bordeaux, ainsi qu'au King's Theatre de Londres. C'est Pierre Gardel qui lui a offert ses plus beaux rôles, notamment dans Psyché, Télémaque dans l'île de Calypso et La Dansomanie. En 1836, il s'est retiré et il est devenu l'un des professeurs les plus magnifiques que l'Opéra de Paris ait jamais connu. Il a inventé une multitude de nouveaux pas ! Il est un de ceux qui ont su intégrer l'ancienne danse du XVIIIe siècle « terre à terre », brillante et rapide, avec les nouveaux pas de grande élévation ! Tu sais, il y avait des avancées musicales à cette époque. Beethoven a eu Bournonville comme élève ! Il était franco-danois et j'ai été formé suivant ses préceptes. On m'a fait travailler « Le Conservatoire » ! Ce ballet reproduit fidèlement une leçon donnée par Vestris à l'Opéra de Paris en 1820. C'était magnifique, magnifique. D'une  extrême exigence technique, bien sûr ! Je vais agencer plusieurs ballets de Vestris afin de former un spectacle et tu le danseras.

- Tu es chorégraphe. A ce titre, le Ballet national du Canada pourrait t’inviter !

- La chorégraphie n’est pas terminée. Je ne sais pas encore ce que je vais faire…

- Ce ne serait pas si difficile. Tu es déjà très respecté.

- Je ne sais pas encore, Guillaume….