SYNOPSIS

ERIK / N

LE DANSEUR

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SECONDE PARTIE

  

A vingt sept ans, Erik a tourné en Californie un film sur Nijinsky qui a fait grandir sa réputation. Il est encore jeune, n'a pas trente ans mais veut changer. Il danse à Londres et à Paris et continue de croiser tout ce que la danse classique et contemporaine a de prestigieux. Erik veut vivre son rêve  et celui est d'abord sentimental. Il entraîne à sa suite Julian, le décorateur attitré du Metropolitan et Chloé, la belle étudiante américaine qui est venue étudier à New York. Des mois durant, il va de l'un à l'autre, persuadé que la force de son amour est communicative. Parallèlement, il cherche de grands chorégraphes ou plus explicitement, il cherche des chorégraphes qui ont un lien avec Nijinsky. Il échoue avec Maurice Béjart qui est trop pris dans son installation  à Lausanne après des années à Bruxelles pour lui porter vraiment attention. Il lui donne un ballet qu'Erik juge anecdotique alors qu'il veut Le Chant du Compagnon errant. Béjart refuse. Jorge Donn, Paolo Bortoluzzi sont morts et Rudolph Noureyev est très malade. Il ne donne à quiconque ce ballet funèbre. Dépité, Erik est vite consolé. A son retour à Paris, il trouve une invitation du directeur du ballet de Hambourg, John Neumeier. Si Béjart a refusé de parler à Erik de son Nijinsky clown de Dieu, Neumeier lui est prêt à partager un secret. Un an et demi durant, il danse à Hambourg et le chorégraphe américain lui donne Vaslav, prélude du grand œuvre qu'il présentera en 2000. Loin du splendide faune et du merveilleux fantôme de la rose, Erik y est un Nijinsky malade et qui, sentant sa raison partir, écrit les Cahiers. Erik est repris par cette lente crucifixion qu'il a connue sur le tournage. Il veut être Nijinsky, celui qui meurt s'il n'est pas aimé mais il ne veut pas sombrer. Et de toute façon, deux êtres qu'ils aiment l'aiment aussi...

Après Hambourg, Erik est tenté par la chorégraphie. Neumeier l'y pousse. Retrouvant sur sa route Christopher Wegwood, le chorégraphe de son film sur Nijinsky, il pousse son rêve plus loin. A Londres, ils vont monter une compagnie de danse ! Mais il leur faut une salle. Les projets se succèdent et sont sans issue. Julian intervient. La mort de son père l'a rendu plus aisé que jamais et l'entreprise l'intéresse ! Il trouve une salle à Bloomsbury, en plein centre de Londres et convainc Wegwood du bien fondé de son projet. Erik d'abord réticent accepte l'offre. Il sait que Julian se trompe. Il veut le meilleur pour Erik qui disposera d'une salle fabuleuse pour montrer ses talents de danseur puis de chorégraphe mais, en en faisant son subalterne -puisqu'il le met sous contrat- il se disqualifie comme amant. Arrivant sur les lieux mêmes où se déroule Jeux, le message est amer.

Erik signe et fait ce qu'il faut. Le superbe théâtre ne désemplit pas d'autant qu'il y organise des happenings, fait venir les enfants, organise des expositions et se laisse interviewer. Julian se félicite professionnellement mais ressent du dépit : Erik n'en a plus que pour Chloé. Quand celle-ci est enceinte, c'est pire. Toutefois, Erik apaise sa souffrance. Il a retravaillé une version de L'Enfant et les sortilèges qu'avait créé Balanchine et veut la mettre sur scène. Le spectacle est ovationné.

Une petite Eva naît et Erik est très heureux.

Nicolas Mills, le metteur en scène du Danseur, le sollicite de nouveau pour un film documentaire cette fois. Il le filme – comme d'autres jeunes chorégraphes- réglant sa seconde chorégraphie : Romola. La femme de Nijinsky, que sa fille Kyra avait décrite comme méprisable, y apparaît sous un jour plus humain. L’œuvre est confidentielle mais Mills qui a bien conscience de la situation conflictuelle dans laquelle Erik s'est mise l'assure d'un troisième film qui mêlera opéra et danse classique. Un film de survie sinon de guérison...

Les mois qui suivent sont durs. Julian s'enfonce dans uns spirale punitive et ne le voyant plus au théâtre, Erik le découvre chez lui blessé par une rencontre payante. Sa culpabilité s'avive et Julian saisit sa chance. Il fait pression sur Erik qui lui a certes donné trois ballets – il a monté un Dorian Gray impressionnant- mais le Grand œuvre n'est pas là...Entre outre, il s'épuise dans une situation sans issue. Comment peut-on être aussi aveugle ? Erik fait tout traîner et Mills vient à son secours. Un tournage va débuter au Canada. Erik doit tourner Vera Luciano à Toronto. Les jeux n'en sont plus, tout s'érode. Sa fidélité à Chloé n'est peut-être pas ce qu'il croit. L'homme qui souffre lui en impose. Nijinsky a vécu cela...

Pourtant, quand il annonce ce tournage à Julian, celui le surprend. Il est détaché et moqueur. Surpris, le danseur insiste.  Doit-on se quitter ainsi ? Il a donné quatre ans de sa vie à ce théâtre ! Julian lui dit de revenir non pour parler mais pour se battre. Il ne reste plus que cela. L'enjeu du combat est le retour de Chloé et d'Eva en Californie. Erik perd volontairement. Julian devient son belluaire : il doit donner le grand œuvre. Erik crée L'Énigme de Gaspard Hauser, un ballet noir et dur, d'une beauté coupante. La profession l'admire profondément.

Rompant son contrat, il part à Toronto et tourne Vera Luciano. Il lui est permis d'y danser le Chant du Compagnon errant...

Sa solitude totale et son infatigable douceur inquiètent et enchantent. Il devient difficile de l'atteindre d'autant qu'Irina et Kyra sont mortes. Il recopie dans un carnet les phrases des Cahiers de Nijinsky que, plus jeune, il a dû répéter encore et encore. En vacances dans le nord du Québec avec son partenaire dans le film, Guillaume Larrieu, il tente de se noyer. Sauvé de justesse, il traverse la vallée des ombres avant de lentement se reprendre. Il renoue peu à peu avec Chloé et avec Eva, son enfant. Il s'installe à Toronto seul puis avec elle et se veut simple répétiteur. Mais ses films et sa carrière parlent. Allant de périodes de retrait en périodes  d'intense activité, il redevient lentement le Danseur. Il revoit Julian et leur relation se stabilise enfin. Elle devient paisible et profonde, aucun des d'eux n'abandonnant l'autre, même à distance. Erik trouve auprès de Chloé une présence presque angélique, une douceur qui vient du plus profond. Il a une relation saine et heureuse avec sa fille. Il sait qu'il peut prétendre à devenir directeur artistique du Ballet national du Canada mais il hésite. Depuis son adolescence, Nijinsky croise sans cesse sa route et il a, à son égard, des obligations. Avant de tomber malade, il a eu l'idée de trois ballets dont les traces sont perdues. Mais à cause de cette émission que ses parents regardaient il y a si longtemps, un soir à Copenhague et à cause des eaux qui se mêlaient à Skagen, il ne peut renoncer. Il doit monter Bilitis, Papillons et Renaissance, trois ballets dont les traces existent quelque part dans le monde...Alors, il montrera une jeune fille amoureuse d'une belle femme et d'un beau berger, la maîtresse d'une maison close préparant ses filles au devoir et un jeune peintre fasciné par son maître, un être digne de Raphaël ou de Michel Ange, avant de découvrir que sa véritable éducatrice est une jeune femme...

Les ballets vont naître et le lien ne se perd pas. Vaslav, le joueur de tennis de Jeux, les jeunes filles. Trois.

Les ballets perdus...Trois. Il brillera à Toronto et il trouvera...Eva sera peut-être danseuse classique.

En attendant, il s'envole...

 France-ELLE

2012-2015