Le Danseur

Erik/ N

Guillaume cote

 

 Synopsis Partie 1

 

Erik Anderson est né au Danemark en 1960. Il est le dernier enfant d'une famille très unie mais il est le seul garçon. Adulé par sa mère, la jolie française Claire, il est regardé avec distance par son père, Svend, le coiffeur issu d'un milieu humble qui a monté l'échelle sociale et possède trois salons de coiffure à Copenhague. Svend ne s'attendait plus à avoir un fils et celui-ci ne lui répond pas. Il est trop réservé et trop incompréhensible.

Erik a huit ans quand son père décide d'emmener à Skagen, sa ville natale, toute sa petite famille. Pour lui, Skagen, c'est la misère : son père s'est perdu en mer avec son bateau et la beauté (il aime les peintres de l'école de Skagen, surtout Soren Kroyer). Les eaux de la mer Baltique et de la mer du Nord s'y rencontrent, faisant de ce lieu un endroit au charme particulier. Les Danois en sont friands. Mais sur la plage de Skagen, Erik ne devient pas celui que son père attend : un jeune battant qui se promet de devenir un bon restaurateur. Il décide mystérieusement d'être danseur classique. Il a vu, un soir qu'il se cachait, ses parents regarder une émission sur la danse. Il y avait un danseur russe dont on ne montrait que des photos puisqu'il n'existait quasiment rien sur sa carrière de danseur en terme de filmage...Mais tout était là : la relation à l'air et au souffle, le mouvement, la technique sûre et l'expressivité.

Erik sait : il vaut être danseur.

Sa mère lui trouve un premier professeur Hannah Hermann et celle-ci le garde quatre ans. En même temps qu'il va à l'école puis au lycée, Erik n'a jamais peur. Au bout de quatre ans, il se trouve face à Irina Nieminen, une Finlandaise émigrée au Danemark. Hiératique et dure, Irina est l'opposée de la maternelle Hannah. Elle accepte qu'Erik auditionne pour elle, voit ce qu'il peut devenir et lui fait subir une formation drastique. Elle a elle-même eu une belle carrière de ballerine, encouragée par ses parents qui ont travaillé pour les Ballets russes et donc pour Serge Diaghilev. Dans l'appartement qu'elle occupe, il y a une multitude de photos. Certaines évoquent sa carrière, d'autres celles de ses parents ; Enfin, d'autres encore montrent de grands danseurs. Et il y ce jeune Russe qu'Erik a vu enfant, à la dérobée...Oleg Makevitch est l'allié d'Irina. Il ne dit jamais à Erik pourquoi il est arrivé au Danemark, comme elle d'ailleurs. Avec eux, ils travaillent sans cesse. A seize ans, il réussit le concours d'entrée du Ballet national danois. Trois ans après, il est premier danseur et à vingt ans, il est étoile.

En trois ans, il a été attiré par un homme déjà arrivé au bout de lui-même et qui est mort brutalement et par une ballerine qui s'est enfuie avec un homme plus âgée. Erik se sent coupable de la mort de Mads qui a eu un accident de la route après qu'ils se soient disputés. Il s'en veut d'avoir été dupe de Sonia qui voyait un autre homme en même temps que lui. Et surtout, il comprend. Il est très jeune, il est brillant. La critique l'encense. Il peut prétendre à une carrière internationale et il ne pense qu'à la danse. Il est à l'age des beaux rôles et on les lui donne. On est jaloux. Mads l'a été et Sonia plus encore. Erik part en Angleterre pour un an et danse à Covent Garden. On commence à se lever pour l'applaudir. Irina le guide et le conseille mais elle est implacable : il doit réussir. S'il ne le fait pas il sera ce jeune dieu de la mythologie danoise qui se fera dévorer par le dieu du carnage. Balder et Loki.

Erik s'ennuie seul dans son petit appartement à Londres et accepte étourdiment une colocation avec un Américain excentrique, Julian Barney. Très brillant, Julian a le sens de la mise en scène. Les décors et les costumes qu'il crée rendent un spectacle singulier. Il est très recherché. Avec Erik, il se révèle aussi charmant qu'adroit. Il scrute le danseur qu'il admire sur scène et dont il cherche à percer le secret. On n'est pas si réservé à cet âge...Il le provoque aussi avec ostentation, faisant montre de son orientation sexuelle mais Erik, en gardant  sa réserve, le séduit. On tombe amoureux de lui que ce soit sur scène ou dans la vie car il est à la fois plein de noblesse et de fragilité et parce qu'il n'aime que la danse. Julian lui aussi est prêt à succomber mais il est habile et sait voir à long terme. Cet Erik pourrait bien être celui qu'il cherche...et si c'est le cas, il faut agir en stratège.

Erik est heureux car il danse avec Jane Hopkins, une ballerine anglaise bien plus âgée que lui. Ils excellent dans l'Oiseau de feu. Elle le guérit de Sonia. Ils ont une brève liaison mais Erik doit quitter Londres. Au moment de rejoindre le Danemark, Il se laisse fléchir par cet étrange Julian dont le charme et l'humour prégnants auront marqué son séjour à Londres. Julian l'embrasse. Erik est touché. Mais Il a tué un homme par méchanceté dans le temps. IL ne saurait vivre plus.

Deux ans durant, il retravaille au Danemark. Sans s'en rendre compte, Erik « convoque » des ballets, des rôles, des situations qui le conduisent à Nijinsky. Déjà, Bournonville, le créateur du Ballet Royal danois a connu Vestris, le grand danseur noble du dix-huitième siècle en France. Nijinsky était surnommé le nouveau Vestris. Fokine est passé par Copenhague. Balanchine aussi...

Quant à Diaghilev, il a cherché à contacter Fokine à New York peu de temps avant sa mort en 1929.

Balanchine, Erik le veut. Il réussit à se faire engager au New York City ballet et arrive à New York en septembre 1984. Julian qu'il a revu entre temps voit enfin la concrétisation de ses espoirs. Erik rencontre Jérôme Robbins et Peter Martins, le directeur artistique. Nijinsky a dansé à New York. Il ne peut l'ignorer mais il est encore incertain. Très vite, il électrise le public et s'impose avec plus ou moins de tact à la troupe. Martins se félicite de l'avoir engagé. Quel que soit les rôles, il fait salle comble. Plus encore qu'à Londres, il fascine. Il est jeune, beau, d'une liberté totale sur scène mais d'une grande réserve en dehors. Julian, très épris, tente une vie commune qu'Erik accepte un temps avant de s'enfuir. Il n'y a que la danse, ce visage du jeune russe. Il y a Irina.

Plus tard, après une rupture violente et inévitable et alors qu'il vit seul dans un beau loft près de Madison Square Garden, Erik tombe dans un piège. Julian met sur sa route un homme puis un autre et Erik se laisse séduire. Tout est loin de tout. Personne ne peut savoir. Si ne n'est que la liberté qu'il a revendiquée n'existe pas si on peut le télécommander pour vivre des rencontres sexuelles qu'il veut tenir secrète. Ayant quasiment dévasté l'appartement de Julian en y invitant beaucoup de monde alors que celui-ci lui faisait confiance et était en Italie, il reçoit la monnaie de sa pièce.

Humilié, il rencontre  paradoxalement un succès triomphal sur scène, la critique constatant sa plus grande intériorisation des rôles et son immense charisme.

Toutefois, triste et seul, Erik ne sait que faire. Lui arrive un coup de fil de Californie. Un metteur en scène le veut pour un film. Erik lit le synopsis puis le scénario. Un danseur d'aujourd'hui qui part à Los Angeles tourner un film sur Nijinsky...Oui, bien sûr.

In extremis, il revoit Julian. Tous deux s’expliquent. Les images de Mads et de Sonia reculent. Celles de Julian et de Jane montent. Trois...

Erik s'envole pour Los Angeles. Le tournage lui semble facile au début mais tout repose sur lui et on ne lui passe rien. L'idée centrale est de le filmer avec Kyra Nijinsky, fille aînée du danseur russe. Échaudée par le rôle qu'on lui a fait tenir dans un précédent long métrage précédent, celle-ci accepte avant de se récuser pour accepter de nouveau. Erik est filmé dansant le Spectre de la rose et L'Après-midi d'un faune avant d'aller la chercher. La voyant, il reçoit un choc immense. Cet homme russe dans le film de son enfance et cette femme qui en est l'image. Kyra a accepté de le rencontrer à cause d'Irina car toutes tous ont dansé, jeunes filles, pour le Ballet Rambert à Londres. Elles avaient vingt ans. Kyra venait aux entraînements en costume d'homme, comme l'avait fait son père...

Cette étrange femme l'attire et il la séduit plus ou moins consciemment. Elle viendra sur le tournage à condition qu'il revienne en personne la chercher, ce à quoi il s'engage. Au retour, Erik, émerveillé de ce que la fille de Nijinsky lui ai fait présent d'une photo inconnue de son père, dort à l'hôtel et au matin, nage dans les eaux du Pacifique. Comme il s'arrête dans un café, il voit une serveuse de vingt ans. Elle est aussi jolie qu'une des nymphes qui s'approchent du faune...Ils font l'amour. Au retour à Los Angeles, il accueille Julian qui arrive de New York pour le seconder. Celui-ci est très clair. Il est un dominant et Erik serait naïf de penser qu'il peut l'ignorer...

Le tournage devient très difficile. Erik doit dire les textes du Journal de Nijinsky mais tout s'embrouille comme si le danseur russe dont il a désormais une photo inconnue voulait l'attirer...Julian, tant bien que mal, lui fait éviter la rupture nerveuse.

Apaisé, il part chercher Kyra Nijinsky qui le guide pour le tournage de Jeux. Ils se quittent difficilement. Au téléphone avec Irina, il est celui qui évite le dieu du carnage...

Le tournage est presque terminé.

Julian fait vivre à Erik quelques expériences de trio dont il sort à peu près indemne. Il lui fait aussi rencontrer un grand photographe, Rob Williamson. Celui-ci fait des portraits académiques du danseur avant de le photographier nu dans une pénombre élégante. Il le prend aussi en photo avec Julian de manière à ce que leurs liens soient soulignés. Et il le met en garde. Ce prestigieux décorateur du Métropolitan, il ne saurait vraiment l'aimer car il est trop conduit...Il lui faut une femme. Elle arrive.

Lors de la fête de fin de tournage, Erik revoit Chloé,la jeune femme du café californien. Elle n'est pas serveuse mais étudiante. Elle vient de finir son cursus dans une école d'art réputée à Los Angeles et aimerais avoir une bourse d'études pour New York. Rétif, il ne pense qu'à la fidélité qu'il veut avoir avec Julian. Mais il a dansé Jeux et dans ce ballet, deux femmes et un homme se poursuivent dans les allées et les bosquets du parc de Bloomburry sans qu'au bout du compte personne ne sache ce qui a pu arriver...

De retour à New York, Erik retrouve le New York City Ballet. Des mois durant, il est fidèle à Julian alors que Chloé tente sa chance avec ostentation. Elle fait des portraits de lui, oniriques et poétiques bien loin de la réalité charnelle des images de Rob Williamson mais elle parvient à le séduire là où le grand photographe a échoué. Erik lutte longtemps pour échapper à un parjure et le film sort sur les écrans. Ce n'est pas une grande production mais le bouche à oreille fonctionne et de l'avis de tous, Erik est absolument merveilleux. Danseur à la technique parfaite, il fait rêver mais il sait émouvoir aussi car en révélant les failles de Nijinsky, il éclaire les âmes.

Le lien est désormais très clair entre les deux danseurs.

Et le trois de Jeux aussi...Il veut quitter les USA et honorer des contrats en Europe tout en cherchant à travailler pour de très grands chorégraphes. Julian veut le suivre, leurs liens ayant été scellés de façon très profonde en Californie. Et Chloé très amoureuse et fascinée, veut l'accompagner aussi.

Pris dans le mythe de ce ballet qu'il adore ou dans un système d'obéissance que lui ont inculqué Oleg et Irina, Erik ne voit pas d'obstacle à leur venue. Les liens sur terre sont fragiles et dépendent de l'ange du bizarre. Il sait aimer. Il les aimera l'un et l'autre.

Les êtres de Jeux sont des errants. La balle de tennis entre et sort du jeu. Ils vont et viennent cherchant chacun à gagner sur l'autre. Lui, Erik, il a compris la leçon de tout cela. Il pourra réparer les erreurs de Vaslav qui n'a pu aimer violemment une femme qu'au prix du rejet violent d'un amant et employeur qui l'aimait violemment.

Il fera réponse au Journal puisque personne ne l'a fait...

Il fera sourire Svend, Claire, Hannah, Oleg, Irina mais aussi tous ceux qui ont souffert que Nijinsky disparaisse si vite...

Il fera donc la joie du danseur russe…

 Résolu, il s'embarque pour l'Europe...

 France-ELLE

2012-2015