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    PEINTURE BERGER MALINOIS

     

  2. Chapitre 3 : Erik envolé.

Il est parti un matin après notre promenade et le soir, il n'était pas là. J'ai attendu toute la nuit son retour mais il n'a jamais poussé la porte. Le lendemain après-midi, l'homme tenace est arrivé. J'avais fait mes besoins par terre et il a râlé car il devait nettoyer. Il m'a mis en laisse et conduit chez un ami à lui qui habitait près du parc Monceau. L'inconnu m'a trouvé très beau. Il dit qu'il prendrait bien soin de moi en l'absence de mon maître. Là, j'ai bien compris que j'en avais pour quelques temps sans le voir. Par contre, la raison de son départ m'échappait. Il était parti comme ça, sans valise ni sac de voyage...

Je me suis montré très obéissant avec celui qui m'accueillait. Il s'appelait monsieur Delamotte. Il me nourrissait bien, me promenait deux fois par jour et, dans l'appartement, il jouait avec moi. Seulement, il me voyait comme le chien de ses rêves, éternellement joueur...

« Cours après la baballe, Tamarin »

Cen'était pas tellement mon genre, d'autant que l'opération était réitérée moultes fois, mais je voulais lui faire plaisir...

Je me languissais de mon Erik, de mon danseur. Je voulais qu'il revienne. Lui seul me connaissait à fond et moi, je savais beaucoup de lui. Sa beauté et sa mélancolie, sa douceur et sa force, ses espoirs et ses réussites.

Il n'était pas parti en vacances, je le sentais. Il lui était arrivé quelque chose. Mais quoi ?

Un mois après mon transfert chez l'élégant célibataire du parc Montceau, le brun tenace qui avait envahi l'univers de celui que j'aimais fidèlement, est arrivé furibond. Il me reprenait. Il allait m'installer chez lui. Le retour d'Erik était une question de jours. Tout s'arrangeait.

Il mentait.

Dans la voiture, il m'a fait monter à l'arrière et cruellement, il m'a dit :

«Il s'est volatilisé, Tamarin. Je le croyais dans le sud de la France avec sa mère. Elle l'a effectivement vu mais il n'est pas resté longtemps. Il devait revenir à Paris car il y a des engagements mais il ne l'a pas fait. Je ne sais pas où il est. Sa famille et ses amis non plus. Ça devient grave. Un avis de recherche est lancé. Son père est même venu du Danemark voir ce qu'il en était. Je ne sais pas s'il s'est foutu en l'air quelque part ou si on lui a fait du mal, mais une chose est sûre : je ne veux pas être mêlé à ça. J'ai retiré mes affaires de chez lui. Je le connais, c'est sûr mais si on m'interroge, je n'aurais pas grand chose à dire. Bon, et toi, le chien, tu ne parles que le chien ! Tu n'es pas un témoin important. Tu vas venir avec moi faire un tour ! »

Il ne s'agissait plus d'aller à la campagne.

Dans les parages du cimetière Montmartre, il a choisi une petite rue pour me faire descendre et m'a planté là.

« Sauve-toi, sale clebs, et qu'il t'arrive malheur !  De toute façon, je t'ai toujours détesté !»