FILLE BLONDE

Erik, le maître de Tamarin, a une vie sentimentale compliquée dont son chien est témoin ! 

Au bout d'un moment, la fille a commencé à moins venir et un type est apparu. Quand même assez beau et brun et très tenace. Lui aussi, il tournait autour de mon maître, je le voyais bien. Mais lui, il lui faisait de très beaux cadeaux. Elle, elle apportait de quoi dîner par exemple ou une bouteille de vin mais lui ! Une fois, il donnait une montre, une fois, il apportait le champagne. Il avait des billets pour l'Opéra et d'autres qui servaient à prendre des avions. Il apportait de très beaux vêtements aussi. Ils étaient enfermés dans de très belles boites. Une fois qu'elles étaient ouvertes, il fallait défaire du papier de soie.

Il parlait fort et beaucoup cet homme et lui, mon maître, il n'était pas comme avec la fille blonde. Avec elle, si je me fie à mon intuition, il avait le dessus. Avec l'homme, je voyais bien que c'était différent. Il était fasciné par ses manières et son savoir. Bon...ça le rendait un peu timide on va dire. Enfin, par pour tout car là, c'est lui qui a pris les devants. Un soir, il a enlacé l'homme et bon...Je ne suis qu'un chien, notez-bien mais je suis tolérant. Ils se sont mis à s'embrasser, à se caresser, à dormir ensemble quand ils se voyaient. Ça ne m'aurait pas dérangé si l'homme n'avait commencé à insinuer que j'étais un chien « encombrant ». Il suggérait que mon maître l'abandonne à un ami à lui ou alors qu'on me laisse dans la maison de campagne où ils se rendaient tous les deux. Mais mon maître a tenu bon. Pas question de se débarrasser de Tamarin ! L'autre a fini par filer doux.

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Le temps filait. Avec la fille, ça a duré un an et avec le type brun, trois. On a encore déménagé mais dans le même quartier. Mon maître avait plus d'argent et il dansait maintenant dans une compagnie de ballet très connue, encore une autre en somme.

Tout allait bien ou presque. La fille blonde, il l'a revue. L'autre l'a su. Il y a eu de grosses disputes. Je crois qu'au fond, lui, mon maître, il avait envie de les rayer l'un et l'autre de sa vie parce ce qu'il se sentait comme une marchandise. Il était beau. Il brillait. Alors les deux autres le convoitaient...

Il allait se sortir de cette impasse. Je le savais, moi, Tamarin. Il suffisait juste d'un peu d'habileté. Il serait de nouveau seul avec moi et moi avec lui et j'en japperais de bonheur.

Mais il a disparu...