amants

 

Louise adore Jeanne, sa parente. Celle-ci lui parle d'OLga, une danseuse russe. Elle aurait épousé quelqu'un de la famille...

Je voulus bien sûr en savoir plus. Jeanne sortit des photos et poursuivit ses commentaires. La carrière de la danseuse, qui avec les Ballets russes avait dansé à Paris et à Londres, s'était arrêtée brutalement. Je pensais qu'étant tombée amoureuse d'un Français, elle y avait mis un terme mais ce n'était pas cela. En fait, une blessure qu'elle s'était faite rendait difficile, au moment où elle avait rencontré mon parent, la poursuite de sa carrière. En termes clairs, notre Olga avait intérêt à se marier. Elle n'avait pas les qualités requises pour avoir une grande notoriété du temps où elle se produisait sur scène et pas assez d'argent pour ouvrir une école. Alors, un Français...

Voilà qui la montrait sous un jour défavorable, la danseuse russe et je n'étais pas au bout de mes peines ! Ma cousine insinuait que la belle Olga, qui s'était jurée de n'aimer que ce jeune homme de bonne famille avait eu des amours fautives et un enfant hors mariage. Elle s'était enfuie, avait eu une vie aventureuse et était morte de ses excès. Au fond, ce n'était pas une figure si passionnante !

Ce portrait très chargé me déplut mais en même temps, il me surprit.

- « Pendant des années, tu as tenu ta langue. Or, la légèreté de cette femme, tu la connaissais ! Il semblerait bien que ce soit une artiste ratée ! »

Ma cousine rougit.

- « Oui, tu as raison mais elle avait pourtant fort bien commencé ! Tu ne seras comme elle, il ne le faut pas ! Et de toute façon, tu es d'une autre étoffe ! »

- « Je ne serai comme elle ? »

- « Bien sûr que non ! »

Ma cousine eut beau affirmer que je ferais une belle carrière jusqu'au moment où je dus quitter sa maison, je la sentis inquiète, fébrile même. Elle semblait avoir peur pour moi.