MAQUILLAGE SCENE PDUPOND

Dehors : apprentissage, accomplissement, gloire.

Ce devait être en 1966 ou 67. Nicole et Paul avaient rencontré par hasard lors d'un gala de danse où Patrick se démultipliait, Tessa Beaumont et Max Bozzoni. Il avait été danseur à l'Opéra de Paris. Elle ne l'avait pas quitté. Patrick était à suivre. Ils lui donneraient des cours et Claude Bessy, alors chorégraphe, aussi. Les cours de danse avec eux, c'était son en dehors. Il devait pousser la porte de l'appartement familial pour s'y rendre puis celle d'un studio. On lui parler de formation à l'école de l'Opéra, de concours à passer, d'une carrière qui se dessinerait. Combien de portes fermées encore ? Combien de mystères derrière chacune d'elles ? Il les découvriraient car ces portes, il saurait faire en sorte qu'elles s'ouvrent d'elles mêmes...D'ailleurs, en 1969, à l'âge de dix ans, il intégrerait l'opéra de Paris. Il aurait réussi aux épreuves de sélection de la redoutable école. Des années durant, il s'y formerait sans jamais cesser les cours avec Max Bozzoni.

Cette période de sa vie : une immense respiration, un intense engouement. Qu'est-ce qu'il y a dans la danse ? La ligne, le mouvement, le grâce, la beauté et la rage. Qu'est-ce qu'il y a derrière elle ? Il devinait bien des ombres mais ne s'en inquiétait pas. Sur scène, les corps des danseurs se prolongeaient grâce à la magie des éclairages. Pourquoi se soucier de ces ombres portées qui semblaient chercher des issues autres au fond de la scène ? La seule porte qui devait encore s'ouvrir était celle qui le mettrait en pleine lumière. Un concours de danse très réputé,tiens ! La Bulgarie, Varna, un concours international où on se pressait. Patrick, beau et fier, avait choisi la variation d'Albrecht dans le second acte de Giselle, la variation de Basilio dans le ballet Don Quichotte et la célèbre variation du Corsaire sans compter, pour conclure, une brève chorégraphie personnelle. Un triomphe, des gens debout, des bravi...Il avait compris, il savait. Ce qui était en dehors, ce qui se déroulait devant lui quand la porte était grande ouverte, il le voyait désormais : Coryphée, Premier danseur, danseur étoile. Les grands rôles du répertoire classique dont celui de Siegfried dans le Lac des cygnes et les chorégraphes contemporains.

C'est ce que je voulais ? Oui. Moderne et intemporel, jeune, si jeune et déjà inscrit dans l'histoire de la danse ? Oui, bien sûr . Maurice Béjart, Alvin Ailey, Rudolph Noureyev, John Neumieier, Twila Tharp, Roland Petit. Je les danse tous et ils m'aiment. Et les plus grands danseurs, je les côtoie. Je tourne dans des films, je suis Nijinsky dans un feuilleton à succès, Les Dames de la Côte et je tourne dans un autre film où je rencontre l'une des filles du danseur russe. On me donne danser comme corps de ballet puis on me donne Paris. Je ne suis pas enfermée. Je suis dehors. Il n'y a rien à craindre d'une porte fermée que je ne pourrais ouvrir. Moi, j'ai crée une troupe, Patrick Dupond et ses stars, on fait le tour du monde. Tout circule, tout vit, tout est là. Sur scène, nous nous élevons et quand nous retombons, les applaudissements nous entourent.