MAQUILLAGE SCENE PDUPOND


Patrick, au delà du dehors ?

 

 Dedans : enfance et attente

Le 14 mars 1959, il régnait dans l'appartement une ambiance de fête. Un enfant venait de naître, un petit garçon. Nicole était contente : l'accouchement n'avait pas posé de problème. Elle avait pu revenir chez elle assez vite. Un enfant ? Elle en voulait un bien sûr. François, non. Mais les hommes, on sait comment ça peut leur faire un choc de leur montrer un nouveau-né et de le dire : voilà, il est de toi ! Il s'y ferait. D'ailleurs, il avait l'air de prendre la chose plutôt bien. Sauf que rapidement, il avait fait sa valise. Tu laisses une adresse ? Oui, en fait non. Et c'était vraiment non. Mais l'enfant, lui, n'était pas atteint. Sa mère était son univers. Un danger intérieur ? Non, il n'y en avait pas. Il était Patrick, le fils de Nicole. Les premiers mois de sa vie, il n'avait su que cela.

Paul s'était installé assez vite. Il ne fumait pas, ne montait pas le ton, se penchait sur le berceau, souriait. Pas d'hostilité, non, une sorte de curiosité et même d'acceptation. Il aimait depuis peu une femme qui avait un très jeune enfant. L'une étant indissociable de l'autre, il devait faire avec. Il le faisait. Paris, onzième arrondissement. Une rue simple, une enfance simple et modeste. Du salon à la chambre, peu de pas à faire. Moins de pas encore pour aller jusqu'à la salle de bain ou à la cuisine. Sa chambre était très petite.Pourtant Patrick aimait les grandes foulées, les mouvements amples, les sauts. Il était nerveux et adroit, son trop plein de vitalité ne trouvant que des limites dans ce petit intérieur. Il lui fallait aller dehors...

Le football ? Paul trouvait la proposition géniale. Il l’emmènerait, promis, il surveillerait ses entraînements. Le judo ? Nicole approuvait. Voilà une discipline qui forgerait le caractère de son garçon et sculpterait son corps. Oui, le judo ! Patrick avait commencé le foot avant de se lancer dans le judo, sans abandonner le ballon. Mais ce n'était pas ça en fait. Cette fille, elle s'appelait comment déjà ? Natacha ? Nathalie ? Ils étaient copains d'école. Elle allait rejoindre sa grande sœur à la danse. La barre, les étirements, les pliés, les cheveux en arrière, le port de tête, le corps soumis, sollicité, discipliné. Oui, la danse classique. Ce serait ça, son en-dehors.