bbbbbbbbbbbbbjj

Irène tient à aller à Cannes. Sans connaitre le rôle que Webster joue dans la vie de Niels, elle souhaite voir celui-ci cat il didicace ses livres...

Au jour dit, elles gagnèrent la librairie où officiait l'écrivain américain. Assis derrière une table, des piles de livres montant de chaque côté de lui , il avait l'air sombre. Malgré tout, il portait beau et il était, dans son costume noir, d'une insigne élégance. Elle s'approcha, intimidée et lui tendit son exemplaire. Il parlait à priori suffisamment de français pour se débrouiller seul et planta ses yeux sombres dans les siens.

-Vous aimez Terridge en Enfer ?

-Oui.

-Mon traducteur français est brillant.

-J'aurais pu le lire en anglais mais oui, la traduction est élégante.

-Élégante, c'est le juste mot.

Webster avait une façon étrange de la regarder.

-Pour qui dois-je signer ? Lui demanda -t'il en lui adressant un sourire poli.

-Irène Diavelli. Vous parlez bien français.

-Non, pas très bien. Niels parle bien. Niels Lindhardt.

Irène sursauta. Il allait droit au but. Le danseur...

-Je peux écrire en anglais, madame ?

-Oui...

Il lui tendit le livre. Ce n'était pas une dédicace qui y figurait mais l'adresse d'un hôtel et un numéro de téléphone, suivis de la mention : Niels ne sait pas mais moi, je sais. Nous devons nous rencontrer le plus vite possible.

Tremblante, Irène referma le livre tandis que Martine, qui avait elle-aussi acheté un roman du même auteur, le faisait elle-aussi dédicacer. Le lendemain matin, Irène trouva un prétexte pour marcher seule et son amie la laissa faire. Webster avait élu domicile dans un hôtel élégant. Il lui demanda de monter dans sa chambre. Celle-ci était élégante sans ostentation mais Webster l'avait comme imprégné de sa hargne.

CHAUSSONS 3

 

-Vous pouvez me parler de Niels ?

Il la regarda avec mépris.

-Bien sûr. Il est à San Fransciso et a renoncé à une belle carrière. A cause de vous. Mais enfin, il semble assez heureux. Je fais tout pour qu'il le soit.

-On dirait que vous me détestez.

Elle avait laissé le français pour l'anglais car il était plus adapté à la situation.

-C'est le cas.

Elle étouffa un cri.

-Je l'admirais, je voulais le connaître davantage et l'impressionner...Cette grâce adolescente n'est qu'un passage....J'étais fascinée par elle...Il avait une ligne de vie courte, lui qui était si doué et si beau ! Pourquoi aurais-je accepté cela ? Je lui ai donné une nouvelle chance, voilà tout. A Paris, il voulait me voir. Je me croyais détachée de lui. Il dansait à Londres.Je ne croyais plus en ma carrière. J'ai commencé à être malade...Des rêves de pénétration, d'intromission...Être lui...Pour le faire grandir, pour vivre au cœur même de sa beauté et découvrir les mystères de son art...Traverser l'espace, l'air...Lui donner une autre vie...

-Et vous l'avez fait ? Je fais partie de ces hommes qui n'aiment pas les femmes. Vous êtes là à cerner celui qui fera un bon mari ou un nouveau mari, à choisir un amant puis sur le tard à chercher des substituts. Évidemment, celui qui est jeune et beau suscite votre intérêt...