TABLEAU ETRANGE

A New York, Niels revoit Diane qui expose...

Toutefois, au fond de lui, Niels doutait que tout fût terminé avec les Webster. Il ne se trompait pas. Il reçut bientôt une invitation pour le vernissage d'une exposition de toiles de Diane, dans une belle galerie de Soho. C'est elle-même qui l'invitait.

Vous semblez sorti de vos ennuis, Niels ! J'en suis heureuse. Venez voir mes œuvres...

Il ne pouvait refuser et se crut assez fort pour s'y rendre seul. Très entourée, Diane, vêtue d'une de ses belles robes aux lignes pures aux couleurs frappantes qu'elle aimait, l'accueillit chaleureusement. Ses lèvres étaient peintes du même rouge que sa robe plissée...

-Je reste quelques jours à New York. Nous devrions nous voir, Niels. Demain, j'ai une place pour Le Lac des Cygnes où vous danserez le prince mais ensuite...

Il rit et fut d'accord. Les toiles de Diane étaient aussi étranges que magnifiques et elles étaient bien plus grandes que celles qu'il avait contemplées dans son atelier à Albany. Il fut ravi de les voir et troublé aussi : ces villes qui ne ressemblaient à nulle autre, ces êtres hybrides, ces couleurs parfois dérangeantes...Manifestement, on encensait Diane et on lui achetait son travail. Il devait exister des yeux différents des siens, aptes à voir dans ses œuvres bien autre chose que ce qu'il y mettait lui-même ou se contentant simplement d'évaluer la valeur de ses tableaux sur le marché de l'art...Niels, lui, ressentait un malaise mais il n'aurait su l'expliquer à Diane Webster. Du reste, il bavarda à droite et à gauche avec quelques inconnus et après quelques verres de champagne, il prit congé. Il était soulagé : Daniel ne s'était pas montré.

Le lendemain, il rejoignit l'artiste peintre avec sa prestation sur scène et ils dînèrent.

-Vous savez, lui dit Diane, vous aviez, quand je vous ai vu, une beauté crépusculaire. Vous étiez défait. Et là, vous rayonnez ! On doit être très amoureux de vous...