BOURNE DORIAN

Dorian Gray fut plus difficile à aborder. Le jeune héros du roman d'Oscar Wilde travaillait désormais pour l'industrie de la mode. Il était l'emblème d'un parfum. Le fameux portrait qui est au centre du récit était remplacé par un grand panneau publicitaire à Dorian Gray était magnifique. Lord Henry, le mentor du jeune homme, était remplacé par une bizarre Lady Henrietta et la jeune Sybil, qui s'éprend du beau Dorian, par un jeune danseur.

Darson tournait autour des thèmes de la beauté et de l'éternelle jeunesse. Le héros était pris dans un prisme d'images où chaque jour sa beauté était plus merveilleuse ; il se condamnait lui-même à une damnation certaine...

Ce second rôle important que lui confia le chorégraphe, troubla Niels. Il se savait beau et la multiplicité des regards qu'on posait sur lui jointe aux sollicitations plus ou directes qu'il recevait le transformait. Plus confiant en lui, il était heureux de sa belle et séduisante image. Dans quelques années, elle ne serait plus la même. Craignait-il de ne plus attirer autant une fois que la quarantaine l'aurait contraint, comme tant de danseurs, à ne plus autant se montrer et à moins séduire. ...Il ne connaissait pas bien Darson qui gérait souvent des chorégraphies complexes où beaucoup de danseurs étaient au travail mais il eut, à tort ou à raison, le sentiment d'être percé à jour...Toutefois, il fut condamné à ne jamais en avoir le cœur net puisque, l'homme d'affaires qui se cachait dans le maître de ballet, envoyait sa troupe danser partout. Niels sillonna donc les capitales européennes des mois durant, dansant dans des spectacles qui se jouaient à guichets fermés. C'était une vie mouvementée qu'il aimait car elle réserve des surprises. Dans les galas où la troupe était conviée, il n'était pas rare de faire de belles rencontres. A Madrid, il revit Anaïs qui était en vacances et avait tenu à voir le spectacle où il se produisait. Elle-aussi avait dansé dans Le Lac des cygnes mais bien sûr, dans une mise en scène bien plus classique...