copenhague

2. Retour au Danemark.

Car il traversait une crise familiale, le jeune Niels Lindhardt a vécu en France chez une amie de sa mère. Quand il revient au Danemark, la mort de son père et l'ambvivalence de sa mère lui sautent au visage.

Après Cannes et les concours, il était finalement retourné au Danemark où Alexia l'avait aidé. Mais au travers de son corps immobile, Irène sentait la fièvre de ce jeune homme qui se servait de toute situation pour arriver à ses fins et danser...

La mort du père pesa davantage quand il fut revenu au Danemark qu'elle n'avait pu le faire pendant les difficiles mois parisiens et la période cannoise. Pour tout dire, elle lui sauta au visage. Il avait dix-huit ans et beaucoup d'amertume. Quand avait-il pu dialoguer avec cet homme excessif et intransigeant qui lui avait donné la vie ? Quand avait-il pu l'impressionner favorablement ? Quelques temps avant sa mort, c'est vrai, le vent tournait mais Thüre était mort brutalement. Lui, Niels, devrait faire avec cette relation difficile.

Elle était lui, elle était ses pensées...Tu m'as considéré comme un nul. La danse est faite pour les filles. Tu étais sûr que je n'avais aucune disposition puis moins sûr...Mais il aurait fallu que tu te dédises, que tu admettes que tu avais pu te tromper. Tu ne l'as pas fait ! Toujours à maugréer, à regretter, à me préférer ma sœur qui n'es pas bonne dans les études et, contrairement à ce que tu affirmais, ne réussissais pas tout ce qu'elle entreprenait...

Cette voiture qui a percuté la tienne et t'a tué sur le coup, c'était bien ta punition...Quelquefois je pense qu'on aurait fini par se parler mais ensuite je te revois toi, papa, tel que tu te comportais et je vois bien que rien de bon ne serait jamais sorti d'une quelconque discussion, une fois passée la surprise d'enfin en avoir une avec toi...

Quant à Anna, sa mère, il savait son amour. Seulement, c'était une femme influençable, qui l'avait, pour ainsi dire, aimé en cachette. Ce petit garçon blond au fin visage, elle avait admiré sa ténacité. Qui aurait cru qu'un corps frêle puisse receler tant de détermination ! En revenant au Danemark, au moins elle, verrait ce qu'il en était de lui...Mais il dut déchanter. Sortie d'une dépression de près de deux ans, elle avait trouvé un emploi de vendeuse dans un magasin de décoration qui appartenaient à ses parents. Très craintive et n'envisageait même pas de week-ends à Copenhague...

Elle n'était jamais gaie avec lui, toujours tendue et maintenant qu'il est mort, elle est comme désarticulée.Quand elle est comme ça, je ne supporte pas et elle-non plus. On est toujours en bagarre. C'est dommage car je sais qu'au fond, elle est contente que je n'aie pas lâché...Elle m'a vu danser. Elle est admirative. Mais en même temps, elle s'est engluée dans sa vie ancienne. Elle ne quittera plus Paris !