niels POSSIBLE

1. Une vocation contrariée.

Il pleurait dans sa chambre, comme souvent, mais c'était de rage. Il pouvait se montrer abattu mais il avait cet orgueil qui ne le lâchait pas et le poussait à toujours insister. Au fil du temps, ça jouait en sa faveur.

Trois ans de danses folkloriques parce que Thüre, son père, s'opposait à toute formation classique et qu'Anna, sa mère, n'avait pas assez de caractère pour le contrer.

-J'ai dit non et c'est définitif ! On ne va pas remettre le couvert avec ça ! Franchement, c'est la fille qui s'intéresse à des jeux de garçon et le garçon qui louche sur ce qui convient aux filles, dans cette famille !

-Il aime le ski !

-Bah, oui, pas difficile. Mais elle, tu as vu ! Patin à glace, natation et foot ! Elle est bonne en plus ! Tu arrives et tu trouves quoi ? Faire le guignol au milieu de filles en tutu ! On m'aurait dit que ce garçon aurait des goûts pareils...

-Il n'en démord pas.

-Il le fera.

-Mais tu vois bien...

-Tais-toi, Anna. Fin de la discussion.

Niels ne se calmant pas, ils finirent pas céder. Que faire de toute façon ? Il passait son temps à dessiner des danseurs, à regarder des DVD de danse qui venaient dont ne sait où et à supplier ses grands-parents français de l'aidaient, ce qu'ils faisaient en lui envoyant de l'argent pour s'acheter des justaucorps, des jambières et des chaussons de danse.

-Pourquoi tu lui donnes cet argent !

-Il reçoit des billets dans des enveloppes ! Il y a son nom dessus !

-Et tu l'as inscrit à un cours !

-Oui, Thüre ! Je l'ai inscrit à un cours de danse. Il est pénible à l'école et ne pense qu'à la danse ! Et puis la directrice m'a dit qu'il était doué et crois-moi, elle a l'habitude. Il est très studieux !

-Un truc de fille !

-Oh mais il a dix ans !

-Et à quinze, il tortillera du derrière. Ah, tu sais bien ce que je pense.

-Tu ne vois que par Maja !

-J'aime ma fille ! Elle est féminine mais casse-coup. J'adore ce mélange !

Elle avait cinq de plus que son frère et avait des petits-amis. Une jolie fille avec ça....

Niels ne lui parlait pas beaucoup car elle était méprisante mais elle s'en moquait, ayant toujours eu une vie très différente de la sienne. Quant à lui, s'il avait eu beaucoup de mal avec le favoritisme de son père et celui, moins avoué, de sa mère, il s'en tirait mieux, fort de la certitude d'être fait pour la danse et de pouvoir dans ce domaine que chez lui on écriait tant !