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Longtemps restée en retrait apès une belle carrière de pianiste, Irène Diavelli se décide à remonter sur scène. Elle animera un gala au profit de l'académie Fontanarosa...

L'annonce du récital qu'elle donnerait pour promouvoir l'Académie entraîna un enthousiasme sans fin. Irène se revit à ses débuts quand elle devait ses preuves comme soliste...Dans la belle salle de spectacle qu'on avait trouvé pour elle, elle devrait montrer ce qu'elle savait faire. Sentant s'aviver en elle cette flamme qui avait tant décru parfois et l'avait plongée dans le doute, elle ne douta pas qu'elle devait travailler d'arrache-pied et se mit au travail, ajournant bon nombre de leçons qu'elle s'était engagée à donner. Tandis que seule elle répétait, elle laissait des images lui apparaître. Elle était toute jeune à Paris et passait son premier concours. Elle était à Milan pour un concert où on l'avait beaucoup applaudi puis à Londres un soir où elle ne s'était pas sentie très inspirée. Elle se disputait avec Bruno qui refusait qu'elle abandonne sa carrière solo. Elle donnait une nouvelle jeunesse au Quatuor Blanc qui venait de l'engager et le quittait pour ce trio où elle serait d'abord heureuse puis très inquiète. Cela, c'était sa vie et elle aimait que ces soirs où elle avait joué Chopin, Brahms, Prokofiev ou Debussy lui reviennent en mémoire. Elle avait cependant décidé de se tourner vers un répertoire qu'en tant que soliste, elle avait peu abordé. Elle jouerait les Gymnopédies d'Erik Satie. L'intégrale. Et un peu de Stravinski, aussi ou du Bartok. Ils aimeraient. Elle travaillait. Elle devait les charmer.

Quand elle cessait de jouer du piano, elle voyait très nettement les silhouettes et les visages des six danseurs pour lesquels elle donnait de son temps. Deux, bien sûr, avait l'avantage.