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L'académie Fontana rosa convient à Irène qui aime les jeunes talents.

Au fond Bertrand Ducaussel craignait qu'une simple erreur humaine (un membre de jury de méchante humeur ce jour là, un moyen de transport public qui n'était pas à l'heure) prive de façon arbitraire des jeunes gens promis à en avoir une d'une somptueuse carrière. Rien de plus. Irène apprécia que son interlocuteur fut si prompt à avouer des craintes qui reposaient sur des failles humaines et non sur la valeur des futurs candidats. Cette façon d'être révélait son sens de l'humain. Elle s'efforça donc de le rassurer.

Et elle se mit en chemin. Ces deux danseurs qu'elle aimait contempler à l'entraînement, elle décida de mieux les connaître. A priori, ce ne serait pas aisé. Anaïs appartenait à la bourgeoisie cannoise par sa famille et il faudrait, pour se rapprocher d'elle, mettre en avant son passé de concertiste, auquel dans ce milieu, on risquait de ne pas être insensible. Irène ne trouvait pas si compliqué de parvenir à ses fins. On lui avait déjà proposé de faire un récital de piano à des fins caritatives. A chaque fois, elle avait refusé. L'Académie Fontana rosa venant de renouveler sa proposition, elle pourrait accepter cette fois. Les élèves de cette école viendraient en masse et ces six privilégiés auraient des places d'honneur. Se rapprocher d'Anaïs par ce biais était très envisageable.

Pour Raphaël, il n'en allait pas de même. Elle avait cru comprendre qu'il était à Cannes suite à des turbulences familiales et qu'il était inscrit à l'école depuis deux ans seulement. Très vite, il y avait été repéré. Une partie de sa famille vivait en Europe du nord. L'autre était en France mais pas à Cannes. Il était là chez une amie de sa mère qui se montrait le moins possible à l'école. Lui parler à la fin du récital serait simple mais ne permettrait pas une accroche suffisante...Elle devrait trouver un moyen.