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L'Académie Fontana rosa se targuait, en effet, de donner à ces jeunes espoirs de la danse un enseignement de qualité en marge des cours exclusivement réservés à leur art. Cela signifiait, en termes clairs, que plus les échéances se rapprocheraient, plus le bagage des futurs postulants aux grandes compagnies internationales serait sérieux. Après avoir affronté le bac, ils se lanceraient dans les concours qui émaillaient l'été, guettant les étapes éliminatoires et faisant tout pour les franchir...

-Il y a de quoi les éreinter surtout s'ils n'imaginent pas d'autres avenirs.

En parlant avec l'un ou avec l'autre des enseignants de l'Académie, Irène avait compris qu'au départ, aucun des six jeunes gens n'envisageait un avenir en dehors de la danse classique. Leur jeunesse, leur inexpérience et leur ambition les rendaient catégorique. Pourtant, en continuant ses investigations, elle avait bien saisi que pour deux d'entre eux, la détermination n'était plus aussi vive et qu'à tout prendre, ils réussiraient à se consoler d'avoir failli aux rigoureuses sélections présentes à chacun de ces concours. Les quatre autres étaient inébranlables mais, devançant Marie et Benoît, Anaïs et Raphaël vouaient à leur réussite un tel culte que faillir à leur mission d'éclairer de leur grâce et de leur génie propre l'univers de la danse classique les laisserait dans le plus profond désespoir.

Irène avait appris cela d'un des enseignants de l'Académie, qui enseignait à ces jeunes élus, l'histoire de la danse classique, l'existence de grandes traditions et la singularité de ceux et celles qui y avaient laissé leurs noms. Apparemment, ce Bertrand Ducaussel semblait sûr de lui. Irène s'en inquiéta.

-Vous pensez donc qu'ils ne se remettraient pas...

-Ils mèneront leur vie d'adulte mais se sentiront trahis dans leurs espoirs.

-Mais,j'entends dire partout que ces quatre jeunes gens sont promis à un avenir éblouissant, particulièrement ces deux jeunes danseurs que nous évoquons. Que pourrait-il bien leur arriver ?

-Nous leur donnons de grandes espérances, je dois bien le reconnaître, et nous avons foi en eux...

-Justement.

-Mais pour avoir embrassé une profession artistique, vous savez que tout peut être très difficile !

-C'est vrai mais vous êtes contradictoire. Vous savez qu'ils sont doués. Auriez-vous peur de leur brillance ?

-Ah non, pas du tout ! Pas du tout ! Ils nous feront honneur !