e et c

Tout au long de cette seconde année, cependant, les relations entre Erik et Chloe se durcirent. La jeune femme avait fini par comprendre que son amour avait renoué physiquement avec le décorateur. Il s’était coupé lors d’une discussion houleuse. Cette découverte avait blessé la jeune femme. Ainsi, cet orgueilleux arrivait à ses fins ! A Hambourg, elle continuait d’éviter de le voir et l’ayant croisé lors de la première de Vaslav, elle avait détourné le regard. Le temps passant, elle était décidée à faire face. Barney, elle le savait, descendait à l’hôtel quand il venait, Erik n’ayant tout de même pas le front de l’installer dans un logement privé que des amis lui auraient prêté. De plus en plus souvent, alors qu’Erik et elles continuaient de faire l’amour, elle imaginait les étreintes de son compagnon avec l’autre. Surprise et déçue que son ce dernier ne fût pas plus franc, elle le contraignit à parler. Il n’esquiva rien. Oui, il ne pouvait le nier, il avait de nouveau une liaison avec Julian.

-Il a concrétisé son rêve ? Le théâtre ?

-Oui. Il fait faire des travaux.

-Et la compagnie de danse avec toi comme danseur principal ?

-On en parle. Il faudrait que je sois aussi chorégraphe.

-Tu le vois, tu me vois ! Erik : ça va continuer combien de temps ?

-Pas très longtemps. Ce n’est pas tenable, je le reconnais.

-Ah, tu vois ?

-Alors, tu dois décider ! Ou alors, tu estimes qu’aimer deux personnes en même temps est constructif.

-Non, ça ne l’est pas.

-Alors !

Il baissait la tête, n’osant avouer qu’il n’y parvenait pas. Il n’avait pas changé : cette ambivalence contre laquelle sa mère l’avait mis en garde longtemps auparavant était toujours là ; et comme Wegwood et Mills le lui avaient signalé, il attirait beaucoup mais ne savait pas toujours faire les bons choix. Même Williamson, quand ils avaient fait l’amour ensemble, avait pointé la capacité d’Erik à faire tourner les têtes et battre les cœurs plus fort sans parvenir à ne pas créer le désordre.

-C’est nouveau avec lui ; et toi, tu restes importante.

-Mais je ne peux pas, Erik !

-Oui, je sais…