DAVID

2. Appartenir à Webster.

Irène, comme consciente qu'il changeait devint si étouffante qu'il n'y tînt plus. Il avait encore le vent en poupe, ne commettait pas de faux pas mais était jalousé. On guettait les failles. Un jour, il ferait une vraie faute...

-Bonjour, si je viens aujourd'hui, vous serez toujours d'accord ?

-C'est ta décision : tu viens ?

-Oui.

-Ne te l'avais-je pas dit ?

-Si, vous aviez raison.

Webster, quand il le vit dans l'encadrement de la forte, frémit d'une joie secrète.

-Tu vas garder tes engagements et je respecterai ta liberté. Tu me fourniras cependant un calendrier précis de tes spectacles et me diras quand tu t'entraînes. Ne déroge pas.

Niels hocha la tête. Il avait posé ses affaires dans le salon et contemplait des orchidées crémeuses que son hôte avait placé dans un vase.

-En dehors de ces obligations, tu mèneras ici une vie stricte et devras te plier à de multiples règles. Il n'y a pas de piano chez moi, comme il y en un chez ma sœur. En guise de musique, tu écoutes ce que je te dis. Tu ne regardes rien sans mon accord : pas de DVD ni de télévision. Bien sûr, tu peux lire. Et encore, je choisis.

Niels, stupéfait, regardait Webster. Ce qu'il disait n'avait aucun sens mais il lui obéirait et le savait.

-Ne pourrais-je rien visiter sans vous ? 

-Judicieuse question, mon Niels. Brooklyn est bien moins laide qu'on le dit. Je ne t'empêcherai pas de marcher avec moi.Je suis un bon guide.Je te montrerai.

-Vous écrirez ?  Vous m'avez dit le faire sans cesse.

-Oui, oui bien sûr. Mais ne cherche pas à voir mes nouveaux écrits.

-Ici, alors, je serai assez libre...

C'était une remarque naïve qui fit sourire le rusé Daniel.

-Je vais être très exclusif et tu n'as pas le choix. Il y a bien de choses que nous ferons ensemble .Les plus importantes concernent le lit. C'est là que tout se jouera...

Que c'était étrange de parler ainsi d'une bonne entente érotique ! Niels ne s'y trompa pas. Ce que sous entendait Webster était grave. Il serait sans cesse caressé, embrassé, pénétré. Il serait arraché à lui-même.