sperctre rose

Né à Kiev en 1882, Vaslav Nijinsky meurt à Londres en 1950. Sa vie est longue mais, comme beaucoup le savent, sa carrière est aussi rapide que fulgurante. Enfant de danseurs qui se produisent dans des cirques, Vaslav est vite privé de son père, qui s'enfuit avec sa maîtresse. Il le reverra peu. Sa mère a très peu d'argent. Elle souhaite que, grâce à leurs dons, ses enfants entrent comme boursiers à l'école impériale. Ce sera le cas pour deux d'entre eux, Vaslav, d'abord puis sa soeur, Bronislava. L'autre frère, tombé gravement malade, souffre de troubles psychiatriques et est interné. 

A l'école impériale, le jeune Vaslav peine à étudier. Il est moqué pour son physique et ses origines. Cependant, le temps passant, il manifeste des dons spectaculaires et se fait remarquer. Jeune homme, il termine sa formation et a un contrat au théâtre Mariinski. Recherché par des aristocrates qui le veulent comme professeur de danse, il fraie avec un monde qui a de l'argent et la vie facile. C'est dans ce contexte qu'il rencontre Serge Diaghilev, bourgeois lettré et ambitieux. Les relations entre les deux hommes évoluent très rapidement...

Diaghilev a besoin de très bons danseurs pour la troupe qu'il veut monter et entraîner en dehors de la Russie. Les Ballets russes naissent et Diaghilev se débrouille pour que le jeune Nijinsky se fasse renvoyer du Mariinski. De cette façon, il est libre. 

Pendant cinq ans, Nijinsky brille au sein des Ballets russes. Ceux-ci ont un succès fou. Diaghilev s'entoure de collaborateurs brillants, sollicite de nombreux artistes et sait susciter le mécénat...D'autres vous raconteront cela bien mieux que moi.

En 1913, Nijinsky qui est à la fois danseur et chorégraphe a déjà crée "L'Après-midi d'un faune" et "Le Sacre du printemps". Sur le plan créatif, il est mature. Les Ballets russes cependant représentent plus pour lui un carcan qu'un écrin. Il ne veut pas les quitter mais se veut plus indépendant. De fait, fourmillant de projets, il profite d'un séjour en Argentine pour épouser une aristocrate hongroise. Nul doute pour lui que Diaghilev acceptera cette situation (ou s'en remettra) et qu'il sera plus libre pour créer...

MONTAGE NIJINSKY

 

Evidemment, la suite n'est pas exactement celle-la. L'imprésario russe, profondèment blessé, le renvoie. Nijinsky tente sa chance seul et reçoit des offres prometteuses auxquelles il préfère des projets personnels qui n'aboutissent pas. Très fragile nerveusement, il semble qu'il n'ait aucun sens pratique et qu'il se défende mal contre l'adversité...Il retravaille donc pour les Ballets russes et conduit des tournées en Amérique du nord et du sud. Chaplin le voit danser en Californie...C'est pendant ces dernières tournées que son comportement devient si bizarre que sa femme, lors de leur retour en Europe, le présente à des médecins. En Suisse, alors que la folie le menace, il écrit son "Journal". Les ténèbres l'entourent et bientôt, il est ce malade qui ne sort plus car tout lui fait peur. Son épouse veut maintenir vivante sa mémoire et fait ce qu'il faut pour cela. Elle écrit sur son époux et modifie le texte de son "Journal" pour qu'il soit publié...

Nijinsky a deux filles. De Kyra seule, il s'occupe avant de tomber malade. Il est très peu présent pour Tamara.

Le temps fait son travail. Nijinsky meurt en 1950 mais sa célébrité lui survit. Ses rôles sont régulièrement repris ( Shéherazade, Le Spectre de la Rose, l'Après-midi d'un faune) et son ballet "Le Sacre du printemps" inspire de nombreux chorégraphes. Sa vie inspire un film et de nombreux documentaires. Il fait l'objet de multiples expositions et d'hommages répétés. Sa grâce aérienne, sa technique redoutable et son sens de l'inovation en font un des danseurs les plus célèbres du vingtième siècle sinon le plus cité et le plus adulé.

 

JACK DEVANT

 

Peint, sculpté, dessiné, caricaturé, Nijinsky n'a cependant pas été filmé. Il existe bien quelques secondes de films sur lui, ça et là, mais auncun document complet. La magie opère donc davantage puisqu'il en est ainsi ? On le dirait bien.

En outre, quand il n'est pas mis en avant pour son aura de danseur, Nijinsky l'est pour ses écrits. Son "Journal" a fait l'objet de plusieurs adaptations théâtrales et de petits films...

Maurice Béjart en parlait avec admiration et John Neumeier est tombé sous le charme. De nombreuses troupes de danse se réfèrent actuellement à lui...

Il est donc toujours au centre d'un grand intérêt...