KISS LOVER

Il la prit par le bras, la conduisit à sa chambre où il se mit nu rapidement. Il l’allongea sur le lit, lui écarta les jambes et, se couchant sur elle, il la pénétra sans préparation. Elle cria sans qu’il cesse de la besogner. Il la fit ensuite se mettre à quatre pattes et, se plaçant derrière elle, il fit beaucoup plus attention. Elle se mit à gémir de plaisir et quand il continua de la prendre, alors que l’un et l’autre étaient désormais couchés sur la moquette de la chambre et qu’il allait et venait toujours en elle, elle continua de le faire, ses jambes relevées et nouées dans son dos et ses bras passés autour de son cou. Elle se retint autant qu’elle put puis se mit à jouir avec force, ce qui le surprit. Il éjacula en elle et resta ensuite allongé sur son ventre. Elle lui caressa les cheveux.

Quand il se fut redressé et relevé, il passa dans la salle de bain puis il se rhabilla sans mot dire. Elle-même alla se laver aussi et remit sa robe. Son trouble était visible.

-Alors, ma virilité vous aura conquise ?

Il avait un demi-sourire. Elle était bien plus perplexe que lui. Il revint à elle et la tint par le menton :

-Proposition 1 : personne ne lui dit rien. On verra comment la situation évolue.

-Vous avez été clair tout à l’heure…

Elle se dégagea et recula.

-Oui, mais on n’avait pas fait l’amour ! Là, allez savoir. Il est plutôt intelligent…Seconde proposition : je t’ai baisée, tu le lui dis. Il cherchera à savoir comment cela a pu se faire et il sera blessé. Tu as raison de penser que tous deux, nous en prendrons pour notre grade et que nous n’aurons rien à y gagner. S’il reste avec l’un de nous, le malaise sera terrible et s’il nous quitte l’un et l’autre, nous en serons désolés.

-Ce n’est pas le scénario que vous avez en tête : il ne reste pas seul !

-Petite maligne !  Il reste une troisième option :  tu le laisses se fâcher après toi sous un prétexte quelconque et tu fiches le camp. Personne n’aura rien su.  A toi de voir. Si tu fais ça, tu gardes ta dignité. C’est mieux que New York avec nous deux qui travaillons ensemble, non ?

Roide et digne, elle l’écoutait. Il restait très pragmatique. Elle était bien incapable de prendre une quelconque décision concernant Erik, mais elle voulut sonder cet homme qui venait de lui l’amour.

-Vous auriez pu être violent ?

-Vous prendre de force ? Non, pas mon genre.

-Si, je pense que vous en êtes capable.

-Peut-être. Erik est encore un peu amoureux de vous. Ce n’est pas le moment de laisser des marques sur votre corps.

-Un vrai serpent…

-Qui sait ? En tout cas, j’espère avoir mis un frein à vos croyances concernant les personnes telles que moi. J’aime les beaux corps masculins mais vous voyez, je me suis montré très ouvert. Vous avez joui, ça m’a touché. C’est une expérience différente…

Aussi troublée que perplexe, elle le laissa. Grand Seigneur, il lui sourit.

-Délicieuse expérience malgré tout !

-Ne vous forcez pas.

-Mais pas du tout : un vagin !

Elle lui tourna le dos.

Les enjeux étaient clairs : il les avait posés. De fait, elle se tint coite. Erik travaillait d’arrache-pied, était gentil avec elle mais il était clair qu’il prenait ses distances. Il n’avait envie de danser à San Francisco, passait beaucoup de temps avec Neumeier et nourrissait l’ambition d’être chorégraphe. Ces derniers temps, il était son assistant. Elle aurait pu se fâcher avec lui, le provoquer mais que pouvait-elle lui reprocher ? Elle aimait les USA et il voulait y retourner ; elle souhaitait travailler pour de bons éditeurs, elle pourrait le faire. Certes, ce serait à New York et non sur la côte ouest mais elle ne serait pas sans rien et rien ne disait qu’il se séparerait d’elle. Toutefois, elle sentait que leur histoire se délitait.